AIMEZ-VOUS Brahim?

Synopsis

Première parution : Ed. Belfond, Paris, 1986

Parce que le narrateur – qui est maghrébin – s’est fait traiter de « taré de bicot », il a juré d’avoir la peau du chef. Et le chef, c’est Brahim, maghrébin comme lui… Amis-ennemis inséparables, unis dans la révolte contre la bêtise du monde, nos deux héros entreprennent de mettre un peu d’ordre dans la maison de fous où ils sont enfermés. Ils fondent une société secrète, s’évadent dans la ville et entrent en clandestinité. Au Royal-bar, ils reconstruisent le monde. Mais les vrais problèmes commencent avec la liberté.


Presse

VAR MATIN, 21 novembre 1986

« Cynisme, humour froid, clins d’œil et dérision sont au menu de ce roman extraordinaire qui a toutes les vertus de la sociologie observée sans en traîner les pompeuses scories. Dramatique, dérisoire ou poignant, voilà un bouquin d’ombres fétides et de radieuses lumières. Un bouquin en réquisitoire sur l’approche de l’autre, sur les anathèmes contre la différence et sur le racisme ordinaire. Ce livre n’aura même pas été retenu pour un prix littéraire qu’il méritait. Et c’est tant mieux car ainsi n’iront à lui que ceux qui ont cheminé jusqu’à la couverture et au titre en pied-de-nez, hors la médiation de la reconnaissance littéraire. Ce serait une gageure pour ce roman qui est justement une fenêtre largement ouverte sur la (vraie) liberté. Avec un soleil insoutenable au regard et au cœur. Une liberté qui n’a pas de prix ! »

José Lenzini

JEUNE AFRIQUE, n° 1353, 10 décembre 1986

«  De nos deux protagonistes, l’un semble lucide, l’autre pas. Mais lequel ? Brahim qui crie ou le narrateur qui se tait ? L’auteur nous fait basculer tour à tour dans le délire des deux personnages que relie le même obscur désespoir. Nourrissant à l’égard de Brahim une haine obsessionnelle, le narrateur – jamais nommé, ni par lui-même, ni par les autres – a décidé de le tuer. Mais voilà, Brahim n’est pas toujours Brahim, à ces « au four les Arabes, la France aux français ! » hurlés à chacune des apparitions des infirmiers, succèdent dans la solitude de la nuit des mots pleins de tendresse et de compassion. »

Danièle Lissouba

BARAKA, n° 13, novembre 1986

« Dès lors, entre le fou et son double, tout ne peut que mal finir, une fois est encore de coutume. Car Brahim, déséquilibré sur le fil de lame, est infesté par la mémoire collective. Il va tenter la rédemption du monde. Imaginez des fondus littéralement déchaînés allant jouer les croisés parmi les humanoïdes d’une ville qui ressemble fort à Aix-en-Provence où habite Zitouni… »

Ghislain Ripault