Attilah Fakir

Synopsis

Première parution : Ed. Souffles, Paris, 1987

Prix de l’Evénement du Jeudi, 1987

En ce mercredi matin, alors qu’Attilah Fakir se rase, nous apprenons qu’il doit passer, le vendredi, à une célèbre émission littéraire. Une fois de plus, il se coupe. La pommette fendue et l’image mise à mal, il se prépare à affronter les projecteurs et les caméras.

Rigoureusement féroce, conçu comme une sorte de « thriller » mental, le roman est la reconstitution minutée, séquence par séquence, catastrophe après catastrophe, du calvaire d’Attilah Fakir pendant les trois jours qui le mènent d’Aix-en-Provence à Paris, via Marseille. Trois jours dans la vie très agitée d’un Don Quichotte fou de littérature et de cinéma intérieur. Trois jours dans un univers peuplé de saints et de leurs assassins. Jusqu’au terminus où il signera son arrêt de mort. En direct, comme il se doit. Et sur un plateau.


Presse

L’EVENEMENT DU JEUDI, 15 au 21 octobre 1987

« Kafka, pardon hadj Kafka, aurait sans doute aimé la complexité de ce labyrinthe moderne dessiné par hadj Zitouni dans un féroce éclat de rire qui fait frémir toutes les caméras de nos studios et trembler les murs du Panthéon littéraire où reposent, si sereins, les écrivains d’avant l’ère vidéo… »

Jérôme Garcin

LE MONDE Radio-Télévision, 1er – 2 novembre 1987

« Au-delà du simple plaisir de la caricature, au-delà de ses réflexions post-soixante-huitardes sur les méfaits de la télévision, c’est tout le problème de l’entrée en médias de la littérature qu’il soulève et éclaire. Glissement de la création vers la représentation, recherche du beau geste, plus que du mot juste, et, au final, métamorphose de l’aventurier de la plume en médiocre représentant de commerce

Jean-Louis André

LE QUOTIDIEN DE PARIS, 1987

« Marginal parmi les Français parce qu’émigré, marginal parmi les écrivains parce qu’inconnu, Attilah Fakir va-t-il saisir la chance de sa vie et révéler enfin son vrai visage, celui qu’on ne voit pas ? Nous le verrons gravir comme un escaladeur imprudent, sans préparation, sans matériel, sans aide, les soixante-douze heures qui doivent le mener au sommet de ses ambitions. Cette ascension sera sa montée au Golgotha. Sous l’œil impitoyable des caméras, Attilah Fakir sera incapable d’extérioriser fût-ce un mot, fût-ce un fragment de tout ce qui bouillonne en lui.  Implosion en direct. Confronté à la matérialisation de ses désirs, l’écrivain n’a pas tenu le choc. On aura vu que le bougnoule. »

Dominique Jamet

GAI PIED HEBDO, n° 295, 21 au 27 novembre 1987

« Coincé entre un ange gardien qui s’exprime en voix off tout au long du roman et dénonce sans répit toute tentative de compromission et un narrateur écrivain, son créateur, qui peu à peu en perd le contrôle, notre héros entre donc dans l’arène pour participer à un numéro de cirque dont nous ne révèlerons pas l’issue afin de préserver le suspense d’un roman insolite qui met à nu, avec une verve remarquable, la monstruosité tranquille du monde littéraire. »

Eric Lamien