La veuve et le pendu

Synopsis

Première parution : Ed. Manya, Paris, 1993

Un écrivain maghrébin, résident en France, se pend après avoir écrit une ultime lettre à sa future veuve. Comme il l’espérait secrètement, cette dernière a l’émotion plus que discrète. Sans même prendre la peine de le décrocher, elle fouille dans ses papiers, témoins de leur vie ratée. Le défunt, quant à lui, s’étonne, au chapitre suivant, de ne pas être encore au frais à la morgue.

Dès les premières pages de La veuve et le pendu, Ahmed Zitouni s’amuse des situations, si morbides soient-elles. Pourtant, et le journal intime du pendu en témoigne, ce suicide ne fut pas un accident dû à une dépression passagère, mais la résultante d’une lente glissade dans la folie, l’ailleurs.

Prisonnier d’une mémoire à la dérive où s’entrechoquent les horreurs de la guerre d’Algérie – qu’il vécut enfant – et du quotidien le plus ordinaire, cet écrivain n’avait plus que ses mots pour se raccrocher à la vie. Ils lui servirent, en définitive à tisser sa corde.


Presse

LE CANARD ENCHAÎNÉ, N° 452/453/454, 3 novembre 1993

« Avec La veuve et le pendu, Ahmed Zitouni déterre la source de cette folie enfouie dans son passé saccagé : Des années après, je croyais encore qu’une baignoire était un objet de torture converti en objet de toilette, et non l’inverse. Mais ce pendu, au bout de sa corde, a plus d’un tour dans sa poche, dont celui de l’humour le plus rageur. Sa veuve a de quoi s’inquiéter… »

André Rollin

JEUNE AFRIQUE, N° 1711, 21 au 27 octobre 1993

« Dans La veuve et le pendu, le personnage principal est également un écrivain. Il a décidé de mettre un terme à son existence. La lettre destinée à sa veuve et le journal qu’il a tenu vont peu à peu nous faire comprendre son enfer personnel. L’évocation de son lent glissement vers la folie se mêle aux scènes vécues dans l’enfance et pendant la guerre d’Algérie, brossant en fin de compte le tableau aux couleurs crues d’une vie qui prend fin au moment où le livre commence… »

Amina Saïd

QANTARA, février 1994

« Il y a du sexe et du sang hallucinés dans ce livre, de l’humour menaçant. N’y cherchez surtout pas de l’innocence ou de la bonté. Peut-être y trouverez-vous un peu de cet amour dont la perte définitive entraînera le narrateur vers la solution ultime, le seul acte de liberté qui lui reste dans un monde où même la liberté et la justice peuvent tuer.

Lirez-vous ce livre ? Pas la peine si vous voulez simplement vous changer les idées, comme on dit. Mais si vous considérez que la tragédie est un genre littéraire digne de ce nom, alors n’hésitez pas. Euripide est aujourd’hui algérien. »

Abdellatif Laâbi