Synopsis
Première parution : Ed. Le Cherche Midi, Paris, 1998

La faim à l’œuvre. Terrifiante et souveraine. Un homme choisit de se donner à cette implacable mécanique. Il se coule volontairement dans le douloureux itinéraire des dénutritions programmées. Il entame un suicide au ralenti, rejoignant ainsi la longue procession de ceux qui, un jour, ont brandi l’étendard de la faim militante, pour accéder à une impossible dignité, donner sens et force à un combat, parfois mourir pour avoir le droit d’exister. Corps rétréci et âme grandie, chair décomposée et mémoire recomposée, il retrouve l’essence même de la faim dans une humanité sans frontières : des suffragettes anglaises inventant la grève de la faim aux Africains de Saint-Bernard.
Ce périple sera pour lui l’occasion de renouer avec ses racines, de retrouver son père, la femme de ses premières amours, son peuple, tous marqués es stigmates de la faim…
L’écriture au lyrisme acéré d’Ahmed Zitouni donne souffle à ce récit implacable dans lequel la peau colle aux mots.
Presse
LE MONDE, 5 juin 1998
« On voudrait s’abstenir de lire, on tente de renoncer, mais quelque chose dans votre corps de lecteur vous entraine malgré vous, et c’est un autre corps que le vôtre qui entre dans la dépense de cette difficile fin de moi, dans la course de celui qui veut en finir, libre et grandi en immobilité rebelle : le corps lecteur. »
France David
L’HUMANITE, 3 avril 1998
« Ahmed Zitouni ne conçoit manifestement pas l’écriture romanesque comme un exercice apaisant : l’on sort de son livre la gorge sèche et l’estomac noué, sonné par les coups de boutoir d’une langue toute en violence froide, obsessionnellement appliquée à dire dans ses moindres détails la lente descente en spirale vers la mort, au bout de cette forme radicale du refus que constitue une grève de la faim. »
Jean-Claude Lebrun
LE NOUVEL OBSERVATEUR, 23-29 avril 1998
« Dernier voyage, journal de bord. Les phrases sont courtes, lapidaires et cliniques. Le corps se vide, le texte aussi. La peau sur les mots. Au début du livre, le verbe se fait chair ; à la fin on ne sent plus que l’os. Ici, la littérature se confond, jusqu’à l’insupportable, avec l’organisme abandonné d’un homme qui, sous nos yeux, meurt pour exister. »
Jérôme Garcin
CHARLIE HEBDO, 27 mai 1998
« Ahmed Zitouni a dédié son livre Aux Africains de Saint-Bernard, aux sans-papiers d’ici ou d’ailleurs, et à tous ceux que l’injustice a, un jour, contraints de se dresser, la faim militante brandie en ultime recours… Un beau, très beau livre. D’une écriture tenace, qui écorche patiemment les blessures. »
Anne Kerloc’h