Synopsis
Première parution : Ed. Robert Laffont, Paris, 1983

« Ce matin, j’ai décidé de me suicider. L’idée m’est venue comme cela, subitement. Elle s’est glissée en moi, tout comme ferait une révélation tranquille, alors que je sacrifiais au rite de ma promenade dominicale… »
C’est ainsi que le narrateur enjambe la première marche du monde singulier qui va devenir le sien : celui des faits divers. De non moins singuliers personnages vont succéder à ce désespéré jovial. Voici Abderrahmane, mitraillant, du toit de son H.L.M., gendarmes et passants. Voici José, ou est-ce Luis, ou Miguel, on ne sait plus, qui se donna la mort après avoir noyé un chien, le seul être qui lui ait jamais fait l’offrande d’un regard. Et aussi Hector Charençon, empoisonnant la ville dont un maire-tyran gère, agence et planifie les âmes. Et tant d’autres, tous conduits au meurtre ou au suicide, ultimes recours de liberté.
Avec une jubilation tout iconoclaste, l’auteur rassemble ses moribonds dans le huis clos imaginaire de la presse à scandales et des actualités télévisées, où il leur fait subir mille autres morts sous la plume acérée des chroniqueurs vedettes, hérauts de la misère dont ils se repaissent, et dont les mains tachées de sang déshonoré serrent encore des gorges exsangues.
Presse
LES TEMPS MODERNES, N° 452/453/454, Mars, avril, mai 1984
« J’avoue ne pas bien comprendre qu’on ait parlé à propos de ce roman d’ « un journal qui nous immerge au coeur de l’immigritude ». Emaillé de références savantes à la culture française, le propos paraît être celui d’un individualisme négateur, d’une dénonciation toute nietzschéenne des valeurs ; le lieu d’énonciation, celui d’une certaine littérature française contemporaine. »
Monique Gadant
WORLD LITERATURE TODAY, The University of Oklahoma, U.S.A.,1984
« Sensitive and well written, this novel is a powerful cry against the debilitating life of the uprooted and the alienated everywhere. »
Mildred P. Mortimer, University of Colorado
LES NOUVELLES LITTERAIRES, 17-23 novembre 1983
« Ce roman donne un coup de balai dans le grenier des habitudes journalistiques : écrit pointu et découpé, il tonne, comme eût dit Flaubert, vitupère allègrement, assène de terribles coups d’étrivières, et, c’est l’essentiel, nous révèle un écrivain. »
Jérôme Garcin
SANS FRONTIERE, n° 79, octobre 1983
« Les acteurs du théâtre de Zitouni ne signent qu’une fois. Leur première est aussi leur dernière, leur voix est le silence. Un silence qui donne toute son épaisseur et son actualité au roman, au moment même où la vindicte populaire élève à nouveau sa terrifiante rumeur… »
Fabienne Messica
L’AFRIQUE LITTERAIRE, n° 70, 4ème trimestre 1983
« L’auteur tremble parfois dans ce livre où il parvient à habiter sa voix. On l’entend(ra) encore. »